AnneCé et Nico en Australie

Journal de bord d'une nouvelle vie en Australie.

20 février 2010

J'AIME, J'AIME MOINS #3

Ah la crise….. le moral des ménages en berne, les cartes bleues dépressives, les courbes du chômage qui prennent de l’altitude, les plans de licenciement en forme de boat people, la « mode des suicides » au boulot, le 20h à regarder sous antidépresseur, les vacanciers aux abonnés absents, rien n’allait plus nul part.

Quand, bien installés dans notre canapé Australien nous regardions les infos Françaises il y a quelques mois nous nous demandions si vraiment nous étions sur la même planète.

Bien sur le souffle de cette crisaille mondiale n’a pas échappé à notre ilot perdu au milieu des Océans, bien sur le marché du travail s’est tendu rapidement, bien sur les magasins se sont un peu vidés, mais un sentiment persiste, celui de ne pas avoir vécu ce que la plupart des pays on vécu et d’avoir échappé à cette mélasse  plombante et interminable.

Difficile d’identifier clairement le pourquoi du comment cette tornade a traversé le pays plutôt légèrement. Plusieurs facteurs ont joué : la gestion du pays au dollar près, le moral des Australiens en biceps de surfeur, le soleil qui réchauffe les esprits à défaut des portes monnaie.

Mais ce qui a, sans aucun doute, permis de sauver les meubles, c’est la culture de la préférence nationale. Culture qui peut être aussi exaspérante que salvatrice dans certaines occasions, je m’explique.

Chez nous ce terme de « préférence nationale » fait souvent bondir car souvent galvaudé mais ici, il n’en est rien, il s’agit du fondement de toute la culture Australienne.

La préférence nationale se retrouve à différents niveaux de la vie de tous les jours mais elle fait surtout référence à la consommation. En effet le « proudly made in Australie » est une religion à pratique quotidienne qui  a même le droit à son petit logo.

logo_made_in_australia

Logo fièrement affiché sur 80% des produits vendus en grande surface reléguant les produits « not proudly made ailleurs » dans les sous rayons invisibles et poussiéreux.

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(source)


En arrivant, pour nous c’était un peu un choc de voir un tel engouement pour le fait local mais c’est devenu un réflexe. Et il faut bien le dire, en cas de coup dur, l’Australian made spirit permet de préserver une économie en privilégiant le marché du travail local et c’est clairement ce qu’il s’est passé l’année dernière.

Le coté exaspérant de la chose réside dans le fait que pour nous autres Européens, nous savons que le « proudly made ailleurs » existe et notamment dans le secteur du bon gout de la mode et sur ce point désolée, mais il y a souvent de quoi ne pas être fier du tout quand il s’agit d’une production locale ! Et là : ras le bol du protectionnisme !

Bref, tout ça pour en venir aux faits. Hier j’étais en train de naviguer et de baver sur la nouvelle collection Hermès de la Redoute (oui oui on en arrive là mais il y a des trucs très bien à la Redoute) et qu’est-ce que je ne vois pas ??? Une collection tagguée « acheter Français » de la marque (une association en fait) « un pavé dans la mode » et qui a pour leitmotiv « acheter français n’est pas un luxe ». Pas un truc de grands-mères, ni des prix à s’en décrocher la mâchoire, non une jolie collection à des prix raisonnables.

redoute

Ben je trouve que c’est une bonne initiative de la part de la Redoute qui n’est pas non plus réputée pour ses immenses usines de production en France.

Alors à l’heure de la réouverture d’un des hauts-fourneaux d’Arcelor Mittal, d'une collection made in France par la Redoute et de l’arrivée du printemps en France, moi je dis, y’a de l’espoir !

Posté par annecetnico à 02:11 - Commentaires [0] - Permalien [#]

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